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Avec ou sans 25.03.2008 / Livre d'or --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- D'horizons et d'ailleurs 23.03.2008 / Livre d'or --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Dimanche 16.03.2008 - 03:34 Je viens de rentrer. Je mets fin à une journée que l'on pourrait qualifier de désespérante tout simplement. Le soleil avait pourtant pointé son nez et cela sentait bon le printemps. Leurre. Il n'en était rien et à peine quelques heures plus tard, la pluie refaisait son apparition. Un après-midi bien monotone dans les rues poitevines. Un demi-pêche dans un bar en regardant la première mi-temps de Pays de Galle - France pour se mettre à l'abri. Puis c'est parti pour la grande épopée montmorillonaise. Le correspondant de presse Métais en vadrouille dans le Sud-Vienne pour un Montmorillon - Laleu d'un niveau aussi relevé que celui de la température. C'est dire. Un peu plus de quatre-vingt dix minutes plus tard et les interviews en poche, c'est reparti pour trois quart d'heure de ligne droite en direction de Poitiers afin de rejoindre les camarades qui ne m'ont pas attendu pour ouvrir les bouteilles. Ambiance joviale et décontractée qui me fait presque oublier le calvaire que je viens de subir. Puis la soirée touche à sa fin pour moi, certains vont au Mc Do, d'autres sont déjà parti jouir de plaisir devant "Lost". Surprise à ma sortie. Il pleut. Mars et ses giboulées. Visiblement le temps est en adéquation avec les vieux dictons. Toujours est-il que je m'empresse de rejoindre mon appartement, afin de me glisser dans mon lit. Je passe par la case "ordinateur" en bon addicto-déprimé d'une journée que je suis. Demain, la journée sera meilleure j'en suis sur. C'est le printemps..............enfin, celui du cinéma bien sûr ! Livre d'or--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- |
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Une belle journée Alain lisait la 587° pages du dictionnaire avec ardeur. Depuis qu'il travaillait à la chaîne de montage, il aimait lire le dictionnaire. Comme ça, tout simplement. Fantaisie d'ouvrier. Devant lui, de joyeuses plaines à l'herbe rouge se profilaient. Le soleil bleu était froid, comme à son habitude, et l'on pouvait voir des mouettes noires sillonner le ciel jaune, à la recherche de mine d'uranium. Une joyeuse journée. Derrière lui, un vieil entrepôt, où les vieilles et crasseuses chaînes de montages s'y entassaient, dans une lumière aux néons abjects. Un bruit de boulon vissé emplissait la pièce en permanence et sur des poteaux, de gentils mégaphones hurlaient : « Au travail, bande de feignasses ! » Alain ferma son dictionnaire, levant les yeux au ciel. Comme tout bon citoyen il aimait le travail, presque plus que sa patrie. Le problème étant qu'il n'avait jamais pu mémoriser ces fables stupides qu'on lui apprenait depuis sa tendre enfance. « Le travail, c'est l'amélioration de soi-même, dans un esprit de franche camaraderie. » qu'On lui disait. Il ne voyait pas en quoi rester des heures assis à visser des boulons était profitable. Il préférait de loin feuilleter son dictionnaire, pour apprendre des mots tels que « Armoire », « Ventouse », ou encore « Vésicule biliaire ». Mais la société étant ce qu'elle est, il ne pouvait éviter de travailler. Alain, l'employé n° 587.912.463, alla s'assoir avec désintérêt total à son tabouret de travail, pris sa clé de 20, et commença à visser, visser, visser.... Crouic, un boulon. Crouic, un deuxième. Crouic, un troisième... Alain s'était toujours interrogé sur l'infinie de son travail. Quand il vissait un boulon, il ne savait jamais s'il y en avait un de moins à visser ou un de plus de vissé. Un de plus est-il un de moins également ? Si on prenait en compte sa chaine qui, sans doute aucun, était interminable, un boulon en moins à visser n'enlevait rien au travail à accomplir. Ce n'était donc pas un de moins, surtout à en croire les mégaphones qu'ils leurs hurlaient qu’ils n’avaient pas fait le nombre de boulons prévu, et qu'il y aurait deux fois plus de boulot pour le lendemain. Donc un de moins devenait même un de plus. La pensée qu'il était payé à ne rien faire, et même à rajouter du travail à faire le fit sourire. Mais faire de la philosophie inutile ne le rendait pas forcément très joyeux. C'est alors que pour la troisième fois, il rouvrit son dictionnaire, cela même en plein travail. C'est en tombant sur le mot joyeux « Prophylaxie » que le mégaphone, du haut de son arbre de métal, tînt à peu près ce langage : « Employé et consommateur n° 587.912.463, veuillez cesser toutes activités ne se liant de près à votre travail ». Alain referma brusquement son dictionnaire, indigné. «Employé et consommateur n° 587.912.463, veuillez recommencer immédiatement l'accomplissement de votre travail.» Alain leva les yeux au ciel, et, d'un rictus amusé, balança sa clé de 20 dans la gueule du mégaphone, qui, avant de dysfonctionner, lança un bref « Sécurit... couic. ». Cinq admirables et magnifiques cars de CRS rose fluo arrivèrent à grande vitesse, défonçant la tôle du mur de l'entrepôt, saisissant au passage Alain, pour le conduire à la prison la plus proche. Je ne pense pas nécessaire de préciser qu'en passant par la case départ, il n'a reçu 20 000 francs. Lors de son procès, les jurés et toute l'assemblée fut surprise de voir le sourire de l'accusé, lorsque la sentence tomba. Deux ans de prison ferme. Prison : n.f. ( XII°; prisun, prisum « prise, capture », 1080; lat. Pop. °prensio, -onis, class. prehensio, -onis, de prehendere ) Alain referma le dictionnaire, et le posa sur sa paillasse, à côté de lui. En regardant à travers la maigre fenêtre grillagée, il aperçu de joyeuses plaines à l'herbe rouge. Le soleil bleu était froid, comme à son habitude, et l'ont pouvait voir des mouettes noires sillonner le ciel jaune, à la recherche de mine d'uranium. Décidément, c'était une belle journée. Livre d'or |
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